L’Institut d’Égypte est une académie savante fondée par Napoléon Bonaparte le 22 août 1798, lors de la campagne d’Égypte. Inspiré de l’Institut de France, il avait pour mission de favoriser le progrès et la diffusion des Lumières en Égypte.
Fondation et organisation
L’Institut est installé dans le palais d’Hassan-Kashif, près du Caire. Il est structuré en quatre sections :
- Mathématiques
- Physique
- Économie politique
- Littérature et arts
Sa première séance se tient le 23 août 1798, sous la présidence de Gaspard Monge, avec Bonaparte comme vice-président et Joseph Fourier comme secrétaire. L’Institut tiendra 62 séances jusqu’à sa dissolution en 1801.
Travaux et publications
L’Institut joue un rôle clé dans la redécouverte de l’Égypte. Il contribue à la rédaction de la célèbre Description de l’Égypte, une œuvre encyclopédique qui documente les monuments, la culture et les sciences du pays.
Parmi ses publications majeures :
- Le Courrier de l’Égypte (journal de propagande napoléonienne, 1798-1801).
- La Décade égyptienne (revue scientifique, 1798-1800).
- Mémoires sur l’Égypte (publiés entre 1799 et 1801).
Contributions scientifiques
Les membres de l’Institut réalisent des études pratiques pour améliorer la vie quotidienne et soutenir l’armée française :
- Amélioration de la cuisson du pain.
- Construction de moulins.
- Études sur le système judiciaire et éducatif égyptien.
L’Institut met aussi en place une imprimerie bilingue, utilisant des caractères arabes saisis à Rome. Cette imprimerie permet la publication d’ouvrages en français et arabe, facilitant l’apprentissage de la langue locale.
Explorations et découvertes
Durant l’hiver 1798-1799, les savants explorent la Basse-Égypte et les environs du Caire. Ils réalisent des relevés précis des pyramides, temples et vestiges antiques. Ces travaux posent les bases de l’égyptologie moderne.
Dissolution et héritage
L’Institut cesse ses activités en 1801, après la défaite française face aux Britanniques. Malgré sa dissolution, son impact est immense :
- Il inspire la création de missions scientifiques permanentes à l’étranger.
- Il contribue à la modernisation des études sur l’Égypte.
- Il influence les travaux archéologiques et historiques du XIXe siècle.
Aujourd’hui, l’Institut d’Égypte demeure un symbole du savoir et de l’exploration scientifique, témoignant de l’ambition intellectuelle de la campagne napoléonienne.
Liste des membres
- Les membres en section de mathématiques :
- Bonaparte
- Louis Costaz,
- Joseph Fourier,
- Étienne Louis Malus,
- Gaspard Monge,
- Antoine François Andréossy,
- Michel Ange Lancret,
- Nicolas-Antoine Nouet,
- François Marie Quenot,
- Jacques-Marie Le Père,
- Charles Dugua.
- Les membres en section de physique et histoire naturelle :
- Claude-Louis Berthollet,
- René-Nicolas Dufriche Desgenettes[réf. nécessaire],
- Déodat Gratet de Dolomieu[réf. nécessaire],
- Étienne Geoffroy Saint-Hilaire,
- Adrien Raffeneau-Delile,
- Jules-César Savigny,
- Hippolyte-Victor Collet-Descotils,
- Antoine Dubois,
- Pierre Joseph de Beauchamp,
- Denis Samuel Bernard,
- Jacques Champy.
- Les membres en section d’économie politique :
- général Caffarelli,
- Jean-Lambert Tallien,
- Louis Alexandre de Corancez.
- Pierre Jacotin
- Joseph Sulkowski
- Les membres en section littérature et arts :
- Dominique Vivant Denon,
- Jean-Baptiste Lepère,
- Henri-Joseph Redouté,
- Charles Norry,
- Jean Constantin Protain,
- Louis Ripault,
- André Dutertre,
- Jean Michel de Venture de Paradis,
- Michel Rigo.



