26 avril 1798 – Toulon
Le 26, il était à Toulon, et du Guerrier où il s’embarquait, il écrivait à son père : « Je ne sais encore rien sur ma destination ultérieure. J’ignore, ici autant qu’à Paris, le but de l’expédition. Il faut espérer que le Gouvernement n’abusera pas de la confiance aveugle qu’un grand nombre de personnes ont en lui. Au reste, quoi que ce soit qui arrive, je m’attends au pire, et c’est le moyen d’être toujours agréablement surpris. »
De telles réserves n’étaient-elles pas justifiées, au moment même où Jollois recevait de son frère resté à Paris l’avis que l’expédition avait fait beaucoup de bruit dans le principe, mais que maintenant on n’en parlait plus, tous les regards se tournant vers le Nord, où l’on s’attendait à des événements intéressants
Les goûts particuliers de Jollois le portaient avant tout, vers l’architecture. C’était là sa véritable vocation, et s’il n’avait pu la suivre, la cause en était aux événements de la Révolution, qui, pendant plusieurs années, avaient boule versé tous ses projets, mais à l’École polytechnique comme à celle des ponts et chaussées, il n’avait jamais perdu de vue l’objet de ses préférences.
(…)
Ils quittèrent la France, chacun sur un vaisseau différent : de Villiers sur le Franklin et Jollois sur le Guerrier. La vie de bord ne plaisait guère à ce dernier. Aussi fut-il bien aise de la possibilité que lui procura la prise de Malte, de mettre pour quelque temps le pied à terre.


