Aussi fut-il
bien aise de la possibilité que lui procura la prise de Malte,
de mettre pour quelque temps le pied à terre.
C’était la première fois qu’il sortait de son pays ; aussi
tout présentait-il pour lui quelque intérêt. Il fît beaucoup de
dessins et s’attarda dans la bibliothèque du grand-maître de
l’Ordre de Malte, où on lui montra du papier fabriqué avec
des papyrus,
Ce fut à Malte que Jollois fit la connaissance de Monge.
Compatriote de Fourier et de Davoust, il avait été invité
par ce dernier à déjeuner. Fourier, qui se trouvait là, lui fit
le meilleur accueil, et lui indiqua la demeure de Monge 1 , à
qui il alla rendre visite : « Il était, dit-il, couché, ayant eu
» quelques accès de fièvre. Quoique fort en crédit auprès
» du général, jouissant de toute sa confiance, il était très
» modestement logé. Il nous accueillit avec bonté. Nous
» causâmes avec lui de ce qu’il avait fait pour l’École poly-
» technique, de ses travaux en Italie, et de la nécessité d’or-
» ganiser l’Instruction publique. Nous le quittâmes, enchan-
» tés de notre visite, et il nous donna rendez-vous à
» Alexandrie, où nous nous promîmes bien de le voir sou-
» vènt. »


