Henri-Joseph Redouté est un illustrateur scientifique français, né le 25 mai 1766 à Saint-Hubert (Belgique) et décédé le 11 janvier 1852 à Paris. Il est principalement connu pour son travail en tant que dessinateur naturaliste, notamment lors de la campagne d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte en 1798-1799.
Jeunesse et formation
Issu d’une famille d’artistes, Henri-Joseph est le frère du célèbre peintre botaniste Pierre-Joseph Redouté et d’Antoine-Ferdinand Redouté. Il s’installe à Paris en 1785, où il se forme au dessin d’histoire naturelle. Il est ensuite nommé peintre des félins au Muséum national d’histoire naturelle, tandis que son frère Pierre-Joseph y est chargé des illustrations botaniques.
Expédition d’Égypte (1798-1801)
En 1798, Henri-Joseph Redouté est invité à rejoindre le corps expéditionnaire d’Égypte en tant que dessinateur scientifique. Il fait partie des 167 savants, ingénieurs et artistes qui accompagnent Bonaparte dans cette mission. Le naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire le choisit comme peintre personnel, ce qui lui permet d’intégrer l’Institut d’Égypte, fondé le 22 août 1798.
Durant l’expédition, il participe à plusieurs missions d’exploration :
- Août-septembre 1798 : Études dans le Delta du Nil.
- 17-29 janvier 1799 : Expédition aux lacs de natron.
- 26 août-4 novembre 1799 : Exploration de la Haute-Égypte.
- 15 décembre 1799 : Excursion aux pyramides de Gizeh.
En janvier 1801, il tente de regagner la France à bord du brick L’Oiseau, mais il ne quitte finalement l’Égypte qu’après la capitulation du général Menou le 2 septembre 1801.
Retour en France et contributions scientifiques
De retour à Paris le 8 janvier 1802, Henri-Joseph reprend son poste au Muséum national d’histoire naturelle et devient l’un des collaborateurs de la Description de l’Égypte. Il fournit 11 planches et 100 figures, illustrant les grands sites de Haute-Égypte.
Héritage et reconnaissance
Henri-Joseph Redouté est chevalier de la Légion d’honneur et reste un acteur majeur de l’illustration scientifique du XIXe siècle. Son travail contribue à la redécouverte des ruines antiques et à la documentation des espèces animales et végétales observées en Égypte.
« Il quitte Paris le 23 avril 1798, arrive à Alexandrie le 6 juillet, explore en août-septembre le Delta. Le 22 août 1798, il est nommé membre de la section des Arts de l’Institut d’Égypte et gagne Le Caire le 22 septembre. Il y fera une seule communication, sur la peinture des poissons du Nil, le 4 juillet 1799. Il sera des principales expéditions : du 17 au 29 janvier 1799, il accompagne l’expédition aux lacs de natron ; du 26 août au 4 novembre, il est d’une des deux commissions qui explore la Haute Égypte ; le 15 décembre, il participe à l’excursion aux pyramides de Giseh.
En janvier 1801, il tente avec beaucoup d’autres de regagner la France à bord du brick L’Oiseau. En fait, il ne quittera l’Égypte qu’après la capitulation du général Menou (2 septembre 1801). Rentré à Paris le 8 janvier 1802 , il reprend sa place au Muséum et sera un des collaborateurs de la Description de l’Égypte, mais on ne parle plus guère de lui. »
— Carmelia Opsomer
Les carnets de Redouté ont été consultés et achetés par Jean-Édouard Goby : ils ont fait l’objet d’une note en 1954 et sont entrés le , après sa mort, à la Bibliothèque de l’Arsenal où ils ont été inventoriés par Danielle Muzerelle.
Le journal historique d’observations et de recherches faites en Égypte à la suite de l’expédition de l’armée française par H. J. Redouté membre de l’Institut d’Égyte comporte5 :
- les carnets 1 à 8, du au , texte calligraphié prêt à l’impression mais constamment enrichi de notes ;
- les carnets 9 à 13, du au .
- le carnet 14 : planches et descriptions.
- le tableau historique des membres de la Commission des sciences et des arts.
Aucun de ces ouvrages n’a été publié de son vivant.
« De longs passages révèlent ses intérêts de naturaliste et d’abord pour les plantes industrielles, leur récolte et leur traitement (le séné, l’indigo, la canne à sucre, le sorgho), les jardins avec le figuier, le pêcher, l’arbre de nebka, le sébestier, le dattier, la vigne qui n’est pas utilisée pour le vin, le palmier doum, le nénuphar ; la liste des plantes recueillies aux environs d’Alexandrie (cent-six plantes), aux environs de Rosette (vingt-six plantes), dans le Delta (vingt-trois plantes), des animaux : le scorpion, la gerboise, les serpents et les supercheries des psylles. Il s’intéresse aussi à l’irrigation (citernes et machines à arroser) et à diverses techniques : la fabrication du natron et la frappe des monnaies au Caire, les nasses à prendre les poissons et les couveuses à poulets. Il se distingue de ses contemporains par une attention soutenue à la vie quotidienne : les coutumes religieuses, les santons et les derviches, les cris de la rue, les légumes qui se vendent au marché, le prix de la viande, les banquets, les caractères respectifs des Français et des Turcs, les almées que les Français font boire pour les faire danser. Sans grande culture archéologique, il rapporte toutefois des fouilles dans des grottes, l’analyse de céramiques égyptiennes par Thenard, les crocodiles embaumés, etc., ou encore la mesure de la colonne de Pompée à l’aide d’un cerf-volant.. »
— Carmelia Opsomer



