L’obélisque de Louxor, situé sur la place de la Concorde à Paris, est un monument emblématique offert à la France par Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, en 1830. Ce monolithe de syénite, datant du XIIIe siècle av. J.-C., provient du temple d’Amon à Louxor et est l’un des plus anciens monuments de la capitale française.
Histoire et transfert
L’obélisque fut choisi par Jean-François Champollion parmi les deux présents devant le temple de Louxor. Son transport vers la France fut une prouesse technique : un navire spécialement conçu, le *Louxor*, permit son acheminement après un périple de plusieurs années, passant par Toulon, Rouen et la Seine. Il fut finalement érigé en grande pompe le 25 octobre 1836 par l’ingénieur Apollinaire Lebas.
Installation et symbolique
L’obélisque remplaça un monument dédié à Louis XVI, détruit lors de la Révolution française. Son installation permit d’éviter les querelles mémorielles liées à cet emplacement historique. L’orientation originale du monolithe fut modifiée, avec une rotation d’environ 90°.
Description et caractéristiques
L’obélisque mesure **23 mètres de hauteur** et pèse **222 tonnes**, auxquelles s’ajoutent les **240 tonnes du piédestal**. Il est orné de hiéroglyphes, notamment le cartouche de Ramsès II, où le roi fait une offrande au dieu Amon-Rê. Son socle d’origine, décoré de babouins, fut jugé trop osé pour la société française du XIXe siècle et envoyé au musée du Louvre.
Utilisation contemporaine et restauration
Le monument a été restauré en 2022. Il sert également de cadran solaire, avec un médaillon indiquant la position de l’ombre au solstice d’été. Aujourd’hui, il demeure un symbole fort du lien entre la France et l’Égypte, et un témoignage de l’ingéniosité des ingénieurs du XIXe siècle.
Pyramidion
Le **pyramidion** qui coiffe l’obélisque de Louxor mesure **3,60 mètres de hauteur** et est conçu en **bronze laminé**, recouvert de **feuilles d’or** pour rappeler l’électrum utilisé dans l’Antiquité égyptienne. Ce revêtement fut installé en **mai 1998**, à l’occasion de l’année France-Égypte, grâce au soutien de la **fondation Bergé-Saint Laurent**. L’égyptologue **Christiane Desroches Noblecourt** a joué un rôle essentiel dans cette restauration, affirmant que le pyramidion devait remplacer un ornement disparu lors d’invasions au VIe siècle.
L’architecte Étienne Poncelet a révélé que la partie supérieure de l’obélisque avait subi des dégâts importants lorsqu’il était stocké dans les cales d’un bateau sur la Seine. Il évoque un élément secret placé sous le pyramidion, conférant une symbolique particulière au monument.
Cependant, ce sommet n’était pas parfaitement pointu et s’est progressivement détérioré sous l’effet des intempéries et des volatiles. Une **nouvelle restauration** a donc été menée en **2022**, aboutissant à l’installation, le **20 juin 2023**, d’une **pointe en acier dorée**, réalisée par les **Ateliers d’art Saint-Jacques** et la **Fonderie de Coubertin** sous l’égide du **ministère de la Culture**.
Le cadran solaire de la place de la Concorde
En **1913**, l’astronome **Camille Flammarion** proposa d’utiliser l’obélisque comme **gnomon**, mais son projet fut interrompu par la Première Guerre mondiale. Il fallut attendre **1999**, sous l’impulsion de **Philippe de La Cotardière** et **Denis Savoie**, pour que l’installation du **cadran solaire horizontal** soit finalisée.
Grâce aux **chiffres romains** gravés au sol, l’ombre du sommet du monument permet de lire l’heure entre **7 h et 17 h**. Les **courbes des solstices** et la **ligne des équinoxes** sont également marquées au sol. Toutefois, plusieurs ajustements doivent être effectués pour obtenir l’heure légale, notamment en tenant compte du fuseau horaire et de la position du monument par rapport au méridien de Greenwich.


